La photo avec un appareil photo argentique classique :
Deux cas de figure sont à distinguer : la photo avec
un télescope et la photo sans télescope. Dans
ce dernier cas, il s'agit de fixer sur la pellicule l'un des
nombreux rapprochements de Vénus et de l'une ou l'autre
des autres planètes qui vont émailler les semaines
à venir. Ces clichés, réalisés
au crépuscule, donnent un résultat généralement
très esthétique, à condition que vous
ayez auparavant choisi un joli premier plan qui valorisera
le cliché.
Photo Ph Ledoux / ASCT-astronomie (pose de 4 sec, film 800
ISO, objectif de 50 mm, F/D 4.5)
Pour ce type de photographie, vous choisirez des pellicules
allant de 200 à 800 ISO, des temps de poses autour de 1 à
4 secondes et des ouvertures du diaphragme de l'appareil photo
entre 2 et 5,6. Toutes les focales de 18 à 300 mm pourront
être utilisées dans ces riches crépuscules. Pour les objectifs
de plus de 100 mm, il faudra simplement veiller à ne pas trop
prolonger les temps de pose, sous peine de voir le défilement
des étoiles dû à la rotation de la Terre
transformer ces dernières en petites traînées
sur votre cliché. Retenez qu'il faut un temps maximum
de pose de 4 s pour un objectif photo de 100 mm de focale
et de 1,5 s pour un objectif de 300 mm pour éviter
que ne se forment ces traînées.
Pose de 10 mn - cliché Ph Ledoux / ASCT-astronomie
Les règles du jeu sont un peu différentes si
vous voulez photographier Vénus au moyen de votre télescope.
La technique en soi est identique à toutes les techniques
habituelle de photographie planétaire : une bague de
raccord adaptée à la marque de votre appareil
photo permet de fixer celui-ci sur votre télescope,
en plaçant entre les deux un oculaire ou une lentille
de Barlow afin d'agrandir l'image. La grosse difficulté
réside dans l'importante luminosité de Vénus,
qui vous obligera à utiliser tous les "trucs"
possibles et imaginables pour éviter une surexposition
de l'image : emploi des films les moins sensibles, 100 ou
200 ISO maximum, utilisation éventuelle de filtres
pour atténuer l'éclat de la planète,
temps de pose courts (aux alentours de 1/60 sec). Ce dernier
point sera le plus embêtant car qui dit temps de pose
courts (inférieurs à la seconde) dit quasi-impossibilité
de se servir de l'occultation manuelle pour limiter les effets
de flous dûs à la vibration de l'appareil photo
lorsque son miroir se relève. La parade consiste à
se servir du retardateur de l'appareil photo : le miroir se
relève alors dans un premier temps et la pose photo
ne se déclenche que quelques secondes plus tard.
La photo avec un appareil photo numérique
Les appareils numériques permettent eux aussi de faire des
images en toute simplicité. Pour les photos des conjonctions
de l'Etoile du Berger, les réglages automatiques des
APN donnent généralement de bons résultats,
l'écran LCD permettant de visulaiser en temps réel
le résultat de vos prises de vue. Dans le cas de la
photographie avec un télescope, vous devrez posséder,
comme pour la photo argentique, une bague de raccord adaptée
à votre APN, et placer entre celui-ci et le télescope
un dispositif grossissant (oculaire ou lentille de Barlow).
L'avantage du numérique réside, d'une part,
dans la visualisation immédiate du résultat
de votre prise de vue (ce qui vous permet de ne garder que
les images réussies) et, d'autre part, dans les possibilités
de retraitement informatique de ces images avec un logiciel
d'imagerie astronomique adapté, comme Iris.
La photo avec une webcam
Une fois de plus, les webcams remportent le pompon : leur
capacité à enregistrer des films contenant de très nombreuses
images en quelques secondes permet de sélectionner ensuite
celles qui auront bénéficié des meilleures conditions de turbulence.
Un atout majeur dans le cas présent, car il est bien rare
de pouvoir observer Vénus sans que la turbulence ne vienne
perturber l'image. Le compositage avec un logiciel adapté
(Iris et Prism excellent en la matière...), des meilleures
images individuelles de votre film assurera ensuite un rehaussement
des contrastes, propre à révéler, avec un peu de chance, les
discrètes structures de l’atmosphère vénusienne.

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