L'ASTRONOMIE MAYA : UNE PRECISION STUPEFIANTE
Grâce à des observations très longues et très précises
du lever du Soleil à différentes époques, les Mayas ont pu
préciser la longueur de lannée avec un écart par rapport
à la valeur actuellement acceptée dà peine 17 secondes
(365,2420 jours contre les 365,2422 actuels).

En outre, en étudiant le rapport entre de longues périodes
de temps et le nombre de mois lunaires écoulés, ils ont été
capables de déterminer la longueur de la lunaison, avec tout
autant de précision. A partir de létude de certaines
dates reportées sur des stèles de la ville de Palenque, on
a pu établir que les prêtres-astronomes mayas avaient trouvé
une correspondance entre le nombre de lunaisons et le nombre
de jours passés : 81 lunaisons correspondent à 2392 jours.
Cette correspondance, dite équation de Palenque, établit que
pour les Mayas la lunaison équivalait à 29,5308 jours soit
une valeur tout à fait en accord avec celle que lon
reconnaît aujourdhui (29,53058).

LA PLACE CENTRALE DE VENUS DANS L'ASTRONOMIE MAYA
Vénus est la planète qui a 1e plus attiré lattention
des Mayas. Sa splendeur dans les ciels limpides de lAmérique
Centrale, le fait quelle se trouve non loin du Soleil
en donnant limpression de tourner autour de ce dernier
ont tant impressionné ce peuple quil lidentifia
à un dieu à la fois important et terrible, une divinité dont
il fallait se gagner les bonnes grâces, surtout lorsque la
planète apparaissait pour la première fois le matin, après
sêtre cachée dans la lumière du Soleil.
Les Mayas avaient constaté que lastre si brillant le
soir et celui qui létait tout autant le matin étaient
le même. Ils ont donc essayé de déterminer la période exacte
de sa réapparition. Les prêtres-astronomes avaient construit
des sortes de repères leur permettant de relever avec précision
le point de lhorizon où Vénus se levait et se couchait
quand elle atteignait sa distance maximale par rapport au
Soleil. Ainsi, après des centaines dannées dobservations,
ils purent établir que 5 révolutions
synodiques de Vénus correspondaient à 8 années terrestres.Ils
furent donc capables de calculer la période de la planète :
584 jours, une valeur très proche de celle actuellement admise
(583,92 jours).
On sait que la planète Vénus est une « étoile du matin »
pendant 263 jours, quelle reste invisible pendant 50
jours durant la conjonction supérieure avec le Soleil, que,
pendant encore 263 jours, cest une « étoile du
soir » et quelle est de nouveau invisible 8 jours
lors de sa conjonction inférieure (263, 50, 263, 8). Pour
des raisons de convenances afin de mieux établir leur calendrier,
les Mayas avaient rectifié la succession en 236, 90, 250,
8 jours.
Dans un des rares codes parvenus jusquà nous, celui
de Dresde, sont reportées les tables avec les dates de leur
calendrier religieux, le tzolkin, où les levers héliaques
de Vénus sont mentionnés. Ces tables sont valables
104 ans, une période dimportance fondamentale pour les
Mayas car cest un multiple entier de leurs deux calendriers
(le calendrier religieux tzolkin et le calendrier civil haab).
Ces calculs étant très complexes, les Mayas élaborèrent une
table, reportée à la page 24 du codex, permettant dapporter
des corrections de manière à ce que les tables des apparitions
et disparitions de la planète puissent être employées plusieurs
fois. Avec ce système, leurs prévisions sont bonnes jusquau
30 août 2007 avec une erreur de 8 jours seulement sur le lever
héliaque de Vénus.

Les corrections du codex de Dresde
LÉTOILE ROUGE FATALE
Pourquoi une recherche si anxieuse pour obtenir une telle
précision ? Pourquoi lapparition et la disparition de
Vénus étaient-elle si importantes ? Il suffit de rappeler
que les Mayas croyaient en un rapport étroit entre les cycles
de certains phénomènes célestes et les cycles historiques.
Selon eux, lhistoire des peuples devait se répéter,
dans ses grandes lignes, simultanément aux cycles astronomiques.
Par ailleurs, les événements fastes ou néfastes étaient liés
à des phénomènes célestes. Ainsi une bataille pouvait être
gagnée ou perdue si elle commençait en un jour particulier
du cycle de Vénus. Dans le codex de Dresde, on voit différentes
images du dieu cruel associé à lastre. La première apparition
de Vénus après la conjonction inférieure était un jour néfaste,
très dangereux, à prévoir soigneusement car la divinité, ce
jour-là, pouvait percer de sa lance mortelle ses pauvres sujets
humains, comme on peut le voir représenté sur le bas-relief
ci-dessous.

De nombreux temples étaient dédiés à Vénus plusieurs symboles
la représentent, et ce sur un très grand nombre de sculptures
et de fresques.Vénus était mentionnée sous le nom de chac
ek, à savoir, étoile rouge, ou chac noh ek, grande
étoile rouge, ou encore sastal ek ,étoile brillante,
et également , yux ek, étoile-guêpe . (Les Aztèques,
eux, appelaient Vénus citlàpol.)

Quelques glyphes astronomiques mayas
Les Mayas ont-ils déterminé les périodes synodiques dautres
planètes ? La réponse à cette question est très controversée.
Il semble quils aient également observé Mars dont la
période coïncide avec 3 tzolkin; sur Jupiter, il y a des doutes.
Il existe trop de lacunes dans la documentation concernant
les connaissances scientifiques de ce peuple; les destructions
des conquistadores furent à ce titre désastreuses.
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