Vénus est tellement brillante qu'elle peut même
être observée en plein jour, à condition,
bien évidemment de savoir où regarder... Cet
exercice d'observation constitue un petit défi facile
à réussir au moyen d'une simple
paire de jumelles montées sur un trépied photographique,
ou bien d'un télescope
d'entrée de gamme. Une seule précaution
: ne tentez surtout pas cette expérience à l'approche
de la phase de la Nouvelle Vénus car la planète
et le Soleil sont alors bien trop proches l'un de l'autre
pour rendre toute observation dangereuse pour vos yeux, que
ce soit avec un télescope ou bien des jumelles. Hormis
ce cas de figure un peu particulier, l'expérience d'une
observation de Vénus en plein jour peut être
tentée quand vous voulez, où vous voulez !!!
Vénus en plein jour avec des
jumelles :
Pour commencer, il faut connaître, grâce aux éphémérides,
l'heure du passage de Vénus au méridien de votre lieu
d'observation. Les astronomes appellent également cet instant
le "transit" de Vénus devant cette ligne imaginaire
qui va du pôle Nord au pôle Sud en passant par votre jardin.
Vous verrez également parfois employé le terme de "culmination"
de Vénus puisque le franchissement du méridien correspond
au moment où Vénus sera le plus haut dans le ciel.
Ces éphémérides sont généralement
fournies dans toutes les revues d'astronomie ainsi que sur
le site Internet
de l'Institut de la Mécanique Céleste et de
Calcul des Éphéméride.
Commencez par installer vos jumelles et leur trépied sur
la ligne imaginaire de votre méridien, en direction du Sud,
et réglez leur inclinaison par rapport à la ligne d'horizon
pile poil sur la hauteur qu'aura Vénus au moment de
son transit : les éphémérides vous indiquent la déclinaison
de Vénus dans le ciel. Vous n'avez plus alors qu'à
effectuer une petite conversion grâce à l'équation ci-dessous
:
hauteur de Vénus au-dessus
de l'horizon = 90° - la latitude de votre lieu d'observation
+ la déclinaison de Vénus.
Si vous ignorez votre latitude, vous trouverez ci-joint un
tableau indiquant la latitude des
principales villes de France. Vous trouverez également,
sur Internet, un petit site qui recense les coordonnées géographiques
de pratiquement tous
les patelins de France. Pour bien régler la hauteur de
vos jumelles, aidez-vous d'un rapporteur comme vous le montre
la photo ci-dessous.

Illustration tirée du site "La Main à la Pâte"
Notez le port de lunettes d'éclipse en cas de visée du Soleil
: protégez vos rétines !
Plus sophistiqué, le théodolite atomique à rétropédalage
exponentiel et molette pithécanthropique du club d'astronomie
de Toussaint :

Ensuite, il ne vous reste plus qu'à attendre l'heure du passage
de Vénus au méridien fournie par les éphémérides :
à cet instant précis, le petit disque blanc de Vénus
sera en plein dans le champ de vos jumelles. Si vous souhaitez
une plus grande précision, pensez à corriger l'heure des éphémérides,
qui est donnée généralement pour le méridien de Greenwich
(0° de longitude), en fonction la longitude de votre lieu
d'observation : c'est très facile, il vous suffit d'enlever
4 minutes pour chaque degré de longitude de différence avec
Greenwich si vous habitez à l'Est de son méridien et, au contraire,
d'ajouter 4 minutes pour chaque degré de longitude si vous
habitez plus à l'Ouest. Petit exemple pratique : Fécamp est
situé à 0 degré 25 mn d'arc à l'Est du méridien de Greenwich,
soit, "grosso modo", un demi-degré de différence. Il faut
donc corriger l'heure donnée par les éphémérides en y apportant
une correction de - 2 minutes. Attention cependant : parfois,
certaines éphémérides sont données non pas pour le méridien
de Greenwich mais pour celui de Paris, qui est situé par 2
degrés 20 mn de longitude Est. Le principe de correction à
appliquer reste cependant analogue. Pour vous fixer les idées,
vous trouverez ci-joint un tableau qui vous donnera la
correction horaire en fonction de la longitude des principales
villes de France.
Vénus en plein jour avec
un télescope :
Dans le cas d'une petite lunette astronomique d'initiation
dotée d'une simple monture altazimutale, la procédure
à suivre est exactement identique à celle décrite
ci-dessus pour une paire de jumelles.
Dans le cas d'un petit télescope à monture
équatoriale, l'idéal est de faire sa mise en
station sur l'étoile polaire la veille au soir. A défaut,
le jour de votre chasse à la planète Vénus,
vous pouvez mettre votre télescope en station de façon
plus grossière au moyen d'une boussole.
Le jour de votre tentative de repérage de Vénus,
étalonner les cadrans de coordonnées de votre
télescope directement sur le Soleil : pour ce faire,
équipez l'objectif de votre télescope d'un filtre
solaire (par exemple une feuille d'Astrosolar Baader que vous
pouvez commander auprès de la Maison
de l'Astronomie) puis pointez le Soleil. Réglez
les cadrans conformément aux coordonnées du
Soleil que vont vous donner les éphémérides
du jour.
Une fois l'étalonnage de vos cadrans effectué,
vous n'avez plus qu'à pivoter le tube optique de votre
télescope directement sur les coordonnées de
Vénus telles qu'elles sont indiquées dans vos
éphémérides. Eventuellement, adaptez
un filtre jaune ou orange à votre oculaire afin d'augmenter
le contraste de Vénus par rapport au fond du ciel et
l'observer ainsi plus confortablement.
Bien évidemment, pour réussir ce petit défi,
les télescopes dotés d'une monture motorisée
et informatisée disposant d'une fonction GoTo automatique
seront hors concours ! Ce serait trop simple ! Faut pas charrier
quand même...
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