Si vous observez attentivement les dates des transits de
Vénus devant le Soleil, une périodicité
complexe mais indiscutable apparaît
7 décembre 1631
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4 décembre 1639
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+ 8 ans |
6 juin 1761
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+ 122 ans |
3 juin 1769
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+ 8 ans |
9 décembre 1874
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+ 105 ans |
6 décembre 1882
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+ 8 ans |
8 juin 2004
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+ 112 ans |
6 juin 2012
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+ 8 ans |
On l'a vu à la page précédente,
il ne peut y avoir transit de Vénus qu'à une
double condition : que la Terre et Vénus soient simultanément
présentes sur les noeuds d'intersection de leurs
plans orbitaux respectifs.
Ces deux conditions ne sont que très rarement remplies
simultanément, ce qui s'explique par les caractéristiques
des mouvements orbitaux de Vénus et de la Terre. Notre
planète boucle son orbite autour du Soleil en 365 jours
1/4, alors qu'il ne faut que 225 jours à Vénus
pour accomplir le même mouvement de révolution
autour du Soleil. Il est facile de calculer que la Terre,
Vénus et le Soleil ne peuvent en ce cas être
alignés que tous les "n" jours selon l'équation
1/n = 1/225 - 1/365, ce qui donne une valeur de n = 584 jours.
Pourtant, il n'y a pas de transit de Vénus tous les
584 jours, comme vous pouvez le constater sur le tableau ci-dessus.
La cause en est l'inclinaison respective des plans orbitaux
de Vénus et de la Terre, comme vous le montre le schéma
ci-dessous.

La conséquence pratique de cette inclinaison est que
si Vénus et la Terre se retrouvent effectivement alignées
tous les 584 jours (les astronomes appellent cette période
la révolution synodique), Vénus se trouve par
contre, pour un observateur terrestre, en général
un peu au-dessus ou bien un peu au-dessous du Soleil.

Le 8 juin 2004, l'alignement Soleil-Vénus-Terre aura
lieu au moment précis où Vénus se trouvera
sur la ligne des noeuds des plans orbitaux de la Terre et
de Vénus. Le retour de Vénus sur ces noeuds
s'appelle la révolution draconitique. Il ne peut donc
y avoir de transit que lorsque la révolution draconitique
et la révolution synodique coïncident : le retour
des transits doit donc impérativement être une
période qui soit un multiple de chacune de ces deux
révolutions. Et c'est là que les matheux vont
tiquer : comment peut-on donc identifier le rapport des durées
des révolutions, qui est un nombre réel, et
le rapport du nombre de révolutions, qui est une fraction
rationnelle ? Enfer et damnation, c'est impossible ! Heureusement,
la Nature permet quelques petits arrangements avec la rigueur
mathématique : le disque apparent du Soleil dans le
ciel est suffisamment grand, par rapport à celui de
Vénus, pour ménager une bonne marge de tolérance
et permettre à la planète de passer devant le
disque solaire sans forcément passer exactement par
le centre de ce dernier.
Si l'on tient compte de cette approximation, on peut dégager
"grosso modo" une tendance à voir les transits
de Vénus revenir selon un cycle de 8 ans, 121.5 ans,
8 ans, 105.5 ans et ainsi de suite pendant 2500 ans. Au terme
de ces 2500 ans, un nouveau cycle commencera pendant lequel
le transit se reproduira tous les 121.5 ans seulement, pendant
1000 ans. Une fois ce cycle de 1000 ans terminé, Vénus
reprendra le cycle de 2500 ans. Fastoche.................................... |