LA CATASTROPHE DE LA TOUNGOUSKA

la Toungouska en 1908
Sergei Semenov habitait le village de Vanarava, situé à 60
km de l'endroit. Il raconta avoir aperçu, juste avant l'explosion
du 30 juin 1908, un objet énorme et étincelant, gros comme
la moitié du Soleil, fendre le ciel à la vitesse de l'éclair.
L'objet, suivi par un long sillage de poussière et de fumée,
dégagea bientôt une chaleur telle que les vêtements de Semenlov
commencèrent à prendre feu. Terrorisé, l'homme eut le temps
de courir se réfugier dans sa maison afin d'éteindre les flammes.
D'autres témoins affirment avoir vu s'élever ensuite un énorme
champignon de fumée noire, coupant littéralement le ciel en
deux. Région parmi les plus hostiles, la Toungouska comptait
encore moins d'habitants à l'époque que de nos jours. Si les
dégâts matériels furent énormes, on déplora donc simplement
quelques blessés et brûlés. Mais ce fut un miracle. A 22 km
au nord de Vanarava, les nomades des tribus Toungouzes transhumant
dans les forêts pensèrent que la fin du monde était venue.
Leurs huttes, arrachées du sol comme des fêtus de paille,
s'envolaient aux quatres vents et, pire encore, ils perdirent
des milliers de leurs rennes, gravement brûlés.

Sur ce cliché réalisé en 1953, les
effets de l'explosion de la météorite de 1908
étaient encore bien visibles...
Ce jour-là, la déflagration fut si énorme que l'on l'entendit
à 1500 km à la ronde, jusqu'au cercle arctique. Outre des
secousses sismiques qui se déclenchèrent par vagues dans le
monde entier, d'incroyables phénomènes lumineux se produisirent
alors. Ce jour-là, la nuit ne se coucha pas dans la région
de Toungouska... et pas d'avantage dans presque toute l'Europe,
où des nuits d'une blancheur irréelle s'installèrent plusieurs
semaines durant (voir ci-après). Quelque chose a explosé avec
la puissance de 1000 fois la bombe Hiroshima, dévastant plus
de 2000 km2 d'arbres et de faune. Le lendemain à minuit, 5
heures après cette explosion du bout du monde, la Grande-Bretagne
est éblouie par un coucher de Soleil étincellant. Le Times
relata l'événement : la nuit est si claire que les londoniens
peuvent lire leur journal dans la rue, à minuit, sans avoir
recours à l'éclairage de la ville ! Un journaliste décrit
ainsi cette nuit du 30 juin : Le ciel était clair comme en
plein jour et sillonné de nuages de lumière rose ; de ma vie,
je n'ai assisté à quelque chose d'aussi stupéfiant. |