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Les outils de l'Astronome |
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Les télescopes : des yeux de titans |
Le télescope fut inventé en 1671 par Isaac Newton
à qui l'on doit notamment la théorie de la gravitation avec sa célèbre
pomme. Mais c'est en 1757 et ce, grâce à l'invention de l'objectif
achromatique par l'opticien anglais John Dollond, que les optiques
astronomiques commencèrent à vraiment se perfectionner.
En particulier, la mise au point à partir de 1754, des miroirs à
base de plomb fortement dispersif a autorisé la construction
de bons télescopes. Toutefois, le diamètre des lentilles ne dépassait
pas 10 cm, ce qui limitait la taille des instruments. Par la suite,
c'est à la fin du 18è siècle que furent mis au point les
procédés de fabrication de verres de plus grande dimension. C'est
Pierre Louis Guinand opticien suisse associé au physicien allemand
Joseph Von Fraunhofer, qui permit cette avancée et donc la fabrication
d'instruments de 25 cm de diamètre. Contrairement aux lunettes, qui sont composées de lentilles,
le télescope possède un ou plusieurs miroirs. Il est aussi appelé
réflecteur; quant aux lunettes elles sont appelées réfracteurs
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Simplicité des principes des télescopes :
Un télescope réflecteur utilise un miroir concave
pour capter les rayons lumineux émis par une étoile. Il réfléchit
ceux-ci sur un miroir plus petit de surface plane, appelé le miroir secondaire, qui les réfléchit
à son tour jusqu'à l'oculaire du télescope.
De nombreuses variantes ont été inventées pour
cet instrument qui a servi à tant de découvertes astronomiques importantes. |

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Le Newton :
Dans la combinaison de Newton, un miroir secondaire
plan, incliné à 45°, renvoie sur le côté l'image formée par le miroir
primaire, vers un oculaire situé sur le côté du tube, ce qui permet
un bon confort d'observation.
En 1663, le mathématicien écossais James Grégory
fut le premier à proposer la formule du télescope; le mathématicien
et physicien anglais Isaac Newton en construisit une première version
en 1671. Dans ce type d'instrument, la lumière réfléchie par le
miroir primaire concave doit être amenée à une position d'observation,
en dessous ou sur le côté de l'instrument sans quoi l'oculaire et
la tête de l'observateur occulteraient une grande partie du faisceau
lumineux. Grégory contourna cette difficulté en interposant un miroir
secondaire concave pour diriger la lumière vers l'oculaire. |

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Le Cassegrain :
Dans la combinaison de Cassegrain, le miroir primaire
est percé d'une ouverture centrale. Le miroir secondaire renvoie
la lumière à travers ce trou et l'image se forme en arrière du miroir
primaire.
En 1672 le physicien et astronome français Jean
Cassegrain inventa ce télescope utilisant un miroir secondaire convexe
et non plus concave. L'astronome anglais William Herschel inclina
le miroir principal et plaça l'oculaire de sorte qu'il ne fasse
pas obstacle aux rayons incidents. Il a utilisé des miroirs de plus
de 1,20 m de diamètre, logés dans un tube d'environ 12 m de long.
Les miroirs de télescope étaient en général constitués d'un alliage
de cuivre et d'étain.
En 1931, l'opticien allemand Bernhard Schmidt inventa
un télescope à large champ (le Schmidt Cassegrain), dont le principe
combine réflexion et réfraction. Le télescope de Schmidt incorpore
une lame correctrice asphérique en verre, placée à l'entrée de l'instrument,
dont le rôle est de corriger les aberrations optiques dues
au miroir principal du télescope.
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Le Coudé :
Dans le système Coudé, un jeu de miroir plan auxiliaire
permet de former l'image dans un local séparé où se trouvent, à
poste fixe, des appareils de mesure lourds et encombrants. |

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L'argenture des miroirs :
Les miroirs de télescope étaient en général constitués
d'un alliage de cuivre et d'étain, jusqu'à ce qu'un chimiste allemand,
le baron Justus von Liebig, découvre une méthode pour déposer un
film d'argent sur une surface de verre. L'argenture des miroirs
devint universelle, facilitant la construction des miroirs, et permettant
leur réargenture à tout moment sans altérer leur forme. L'argent
a été depuis supplanté par l'aluminium, qui garantit une durée d'utilisation
supérieure. Le tout pour un poids infiniment plus faible que celui
des miroirs en bronze de Newton ! |
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LES ACCESSOIRES |
Le chercheur :
Le chercheur est une petite lunette qui est placée
sur le télescope. Il est utilisé pour repérer plus facilement
les astres au moment des réglages du télescope. Plus le grossissement
est fort, plus la zone observée est petite. Certains chercheurs
sont réticulés. Le réticule est composé de deux axes gradués qui
se croise et permettent ainsi de placer exactement l'objet observé
au centre de celui-ci.
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Les filtres :
Il en existe de toutes sortes : filtre solaire
placé sur l'objectif du télescope pour observer le
Soleil sans risque pour la rétine, filtre lunaire vissé
sur l'oculaire pour atténuer la lumière de la Lune, filtres destinés
à contrecarrer la pollution lumineuse d'origine terrestre,
etc ... |

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La monture :
Il en existe deux types, azimutale, et équatoriale.
- La plus simple : la monture azimutale (appelée
également monture altazimutale). Un trépied, avec
un axe vertical et un axe horizontal et c'est tout ! Elle permet
d'effectuer une orientation verticale et une rotation horizontale.
Seule difficulté, ce type de monture ne permet pas de suivre très
facilement la course des étoiles dans le ciel car vous devez
alors agir simultanément sur les deux axes. |

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- Idéale en astronomie,
la monture équatoriale permet de suivre les déplacements
des planètes et des étoiles en n'agissant que sur un seul mouvement.
Revers de la médaille : ce système ne fonctionne que
si la monture a été correctement alignée sur
le pôle Nord céleste (les astronomes appellent cette
procédure d'alignement la "mise en station" du
télescope). D'un maniement plus technique, cette monture
offre des possibilités d'observation plus variées, plus précises
et dans de meilleures conditions de confort. Elle permet également
de faire des photos du ciel. Le fin du fin : la monture équatoriale
motorisée, informatisée et équipée d'un
GPS : mise en station automatique, repérage des étoiles
automatique, pointage et suivi des étoiles automatiques ...
très chic ... mais très cher ... |

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L'électronique et l'informatique
:
La motorisation des télescopes permet un suivi
automatique de très bonne qualité des astres observés. Ils équipent
les petits comme les gros instruments et sont très appréciés
par les astrophotographes.
A cela s'ajoute l'informatique, outil pratique
et incontournable, en perpétuelle évolution. Cela simplifie
la recherche des objets célestes grâce à un
pointage automatique (fonction GOTO). Vous pouvez également
commander les moteurs de votre télescope par l'intermédiaire
d'un ordinateur. De même, vous pouvez contrôler directement
depuis un ordinateur, par l'intermédiaire de logiciels spécialisés
téléchargeables sur Internet, votre caméra
astronomique CCD, ou bien votre webcam. Tout cela étant cependant limité
par la qualité de la mise en station du télescope. |
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QUEL INSTRUMENT CHOISIR ? |
Lors de l'achat, tous
les paramètres sont à prendre en compte : qualité
de la monture, type de télescope, oculaires, etc ... Mais
le plus important, c'est ce que vous souhaitez faire avec cet instrument
: observation visuelle uniquement ? astrophotographie ? planètes
et Lune uniquement ? nébuleuses, galaxies et autres objets
difficiles du ciel profond ? C'est cette réflexion qui détermine
l'instrument dont vous avez besoin. Après ce n'est qu'une question
de moyens financiers. Et surtout, n'oubliez pas que les conseils
des astronomes amateurs du club le plus proche de votre domicile
peuvent se révéler décisifs dans votre choix.
Voici les principales caractéristiques des instruments
que vous pouvez rencontrer dans les revues spécialisées ou sur les
fiches détaillant le matériel dans les magasins d'astronomie.
- F : c'est la distance
focale de l'objectif, elle se mesure en millimètres (mm). Plus la
focale est grande, plus vous pourrez grossir confortablement les
images
- D : c'est le diamètre
de l'objectif en mm. C'est le critère primordial : plus le
diamètre est important et plus votre télescope vous
montrera de choses.
- F/D : c'est l'ouverture
de votre instrument. Ce paramètre est intéressant à prendre
en compte : un rapport F/D inférieur à 5 est idéal
pour observer et photographier les objets du ciel profond. Par contre,
les amateurs d'observations et de photographie des planètes
préfèrent un rapport F/D voisin de 10.
- G : le grossissement
est obtenu en faisant le rapport des focales de l'objectif et de
l'oculaire (G=F/f). Le grossissement est donc variable selon l'oculaire
employé. Une bonne panoplie d'oculaires se limite en fait
à 2 ou 3 oculaires : un oculaire fournissant un grossissement
entre 30 et 60 fois, pour l'observation des astres du ciel profond.
Un oculaire donnant un grossissement égal à 1,5 fois
le diamètre l'objectif de votre télescope : ce sera
votre oculaire passe-partout, celui dont vous vous servirez le plus
fréquemment. Et enfin un oculaire, ou bien une lentille de
Barlow, donnant un grossissement égal à 2,4 fois le
diamètre de l'objectif de votre télescope : ce dernier
oculaire sera réservé à l'observation à
grossissement maximal des planètes et de la Lune les soirs
où le ciel sera parfaitement transparent.
- Pouvoir séparateur :
c'est l'angle au-dessous duquel on ne peut plus distinguer deux
points séparés. Il est donné en radian ou en minutes
d'arc. Ce paramètre, également appelé pouvoir
de résolution, est directement conditionné par le
diamètre de votre miroir : plus le miroir du télescope
est grand et plus votre pouvoir de résolution sera élevé,
vous permettant l'observation de détails très fins.
- La magnitude : Unité
logarithmique utilisée pour mesurer l'éclat des objets célestes.
Les objets brillants ont les magnitudes les plus faibles. Plus la
magnitude de l'objet est grande plus l'éclat est faible. Une variation
de magnitude de 5 correspond à une variation d'éclat de 100. La
magnitude limite pour l'oeil nu est d'environ 6. La Lune a une magnitude
de - 12, l'étoile Véga de 0,1.
- Avant d'acheter, il
vous faut savoir quel type d'instrument choisir : lunette ou télescope,
monture azimutale ou équatoriale, motorisée ou non ?
- La lunette convient parfaitement à l'observation
des objets du système solaire (planètes, Lune). Elle
offre généralement un excellent contraste des images
et permet à un débutant de faire ses premiers pas.
On distingue les lunettes achromatiques, qui ont tendance à
générer des auréoles irisées autour
des étoiles très lumineuses, et les lunettes apochromatiques
où ce défaut est corrigé, partiellement ou
totalement selon le prix que vous pourrez y mettre.
- Le télescope quant à lui, par sa puissance et
son remarquable rapport qualité/prix, concerne plutôt l'observation
d'objets lointains extérieurs à notre système
solaire, comme les galaxies, les nébuleuses... Si les moyens le
permettent, il pourra être motorisé et informatisé.
Ce qui sera un plus non négligeable pour l'astronome amateur, sous
réserve qu'il possède déjà une certaine
maîtrise de l'observation du ciel. |
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Les plus grands télescopes du monde |
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Nom et site de l'observatoire |
Altitude (m) |
Diamètre
utile du miroir principal (m) |
Année de mise
en service |
Observatoire le VLT au Cerro Paranal (Chili) ( The Very Large
Télescope).
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2600 |
4 X 8,20 (d 16,40) |
|
Observatoire Fred Whipple (mont Hopkins, Arizona, États-Unis)
Multiple Mirror Telescope.
|
2600 |
6,50 |
1994 |
Observatoire du Mauna Kéa, Hawaii, U.S.A. Keck télescope
I et II.
|
4150 |
10,00 |
1993 |
Hubble télescope spatial de la NASA (Domaine du visible,
ultraviolet et infrarouge).
|
612 Km |
2,40 |
1990 |
Observatoire européen austral
(La Silla, Chili) NTT (New Technology Telescope), (Télescope
européen). |
2400 |
3,50 |
1988 |
Observatoire Roque de Los Muchachos, La Palma, Canaries,
Espagne.
|
2300 |
4,20 |
1987 |
Observatoire de Callar Alto Sierra
Nevada, Espagne. (Télescope de la R.F.A.). |
2160 |
3,50 |
1983 |
Observatoire du Mauna Kéa, Hawaii,
U.S.A. (Télescope, Canada, France, Hawaii). |
4200 |
3,60 |
1979 |
Observatoire du Mauna Kéa, Hawaii,
U.S.A. (Télescope infrarouge du Royaume-Uni). |
4194 |
3,80 |
1979 |
Observatoire du Mauna Kéa, Hawaii, U.S.A. (Télescope infrarouge
de la NASA).
|
4208 |
3,00 |
1979 |
Observatoire F.L.Whipple, Mt Hopkins,
Arizona, U.S.A. |
2600 |
4,50 |
1979 |
Observatoire européen austral,
La Silla, Chili. |
2400 |
3,57 |
1976 |
Observatoire interaméricain Cerro
Tololo, Chili. |
2400 |
4,00 |
1976 |
Observatoire astrophysique spécial
de l'Académie des sciences de Russie, Zelentchoukskaia, Mt
Pastukhov, Caucase, Rrussie. |
2070 |
6,00 |
1976 |
Observatoire anglo-australien,
Siding Spring, Australie. |
1164 |
3,89 |
1975 |
Observatoire national de Kitt
Peek, Arizona, U.S.A.Maya II. |
2064 |
3,81 |
1973 |
Observatoire Lick, Mt Hamilton,
Californie, U.S.A.Shane. |
4208 |
3,00 |
1959 |
Observatoire européen austral
(La Silla, Chili) télescope européen. |
2400 |
3,57 |
1957 |
Observatoire du Mt Palomar, Californie,
U.S.A. Hale. |
1706 |
5,08 |
1948 |
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