Les Léonides en Normandie :
Ces deux premières photos de Jean
Jacques Vaillant, l'un des membres du Club d'astronomie de Toussaint,
ont été prises depuis les environs de Criquetot l'Esneval,
avec des poses de 1 minute sur un film 800 ISO avec un objectif
photo de 28 mm ouvert à f/3.5


Yves Hennecart,
de la Société Astronomique du Havre, nous a adressé
la photo ci-dessous avec ce petit message sympa, qui témoigne
bien de la réelle difficulté qu'il y a à essayer
de photographier des étoiles filantes !
"Bonjour à tous, voici la seule photo que j'ai pu faire de
la "mémorable" nuit des Léonides depuis l'observatoire de Saint
Martin du Bec : mon objectif de 50 mm, la buée ruisselant sur la
lentille, des changements fréquents de visées, la Lune et l'absence
de bolides dignes de ce nom ont eu raison de ma bonne volonté...
mais, bon, elle n'est pas mal quand même !!! Renseignements techniques
: objectif de 50mm ouvert à f/2.8, pellicule Kodak 800 ISO, pose
de 1 mn environ ( la luminosité du fond de ciel était trop
importante pour faire plus ). Vous reconnaîtrez les 4 étoiles en
forme de "casserole" de la Grande Ourse. La photo a été recadrée
et légèrement travaillée pour mettre en valeur la vedette de la
nuit ! Astronomiquement vôtre, Yves".

Les Léonides ailleurs en France :
Le Club d'astronomie de Toussaint n'avait pas mis tous ses oeufs
dans le même panier normand : une équipe de 2 adhérents,
composée de Christophe
Ferruel et Philippe
Ledoux avait émigré depuis Fécamp, pour venir planquer à l'observatoire
de Briançon, dans les Alpes du Sud, à 1550 m d'altitude.
Leurs premières impressions, brutes de décoffrage, le nez
dans une tasse de chocolat à l'aube de ce 19 novembre 2002
: "La mé' Téo, pour commencer : cette brave dame était d'humeur
acariâtre hier soir avec un plafond bien bas qui bouchait la totalité
du ciel. Debout à 02 H du mat' (heure locale) : pas mieux . Recouchage
. On se relève à 03 H : pas mieux . Recouchage . 04 H : pas mieux
... Recouchage ... Mais vous savez comment çà se passe avec les
fécampois, depuis un certain 11 août 1999 . à 04 H 30, la couverture
nuageuse se déchire, avec une belle éclaircie très exactement centrée
sur la constellation du Lion, qui ira s'élargissant au fil des minutes
pour donner un horizon bien dégagé à partir de 5 H 00. Rarement
pantalons, chaussettes et parkas auront été aussi vite enfilées
! Côté magnitude limite, nous l'estimons à 5.28, puisque l'étoile
76 Geminorum était visible à l'oil nu. La Lune ne nous a pas trop
gêné ce matin, car elle venait de passer derrière la ligne de crête
du Mont Brison, qui nous a ainsi fourni un excellent rempart. La
montée en puissance de l'essaim des Léonides s'est faite
progressivement à partir de 04 H 45, la cadence s'accélérant à l'approche
du pic maximal prévu : de 20 étoiles filantes entre 4 H 30 et 4
H 35, soit une toutes les 15 secondes, nous passons à 50 étoiles
filantes entre 5 H 05 et 5 H 10 soit une étoiles filantes toutes
les 6 secondes, puis lente décroissance à partir de 05 H 15 (une
étoile filante toutes les 10 secondes). Plusieurs salves de 3 étoiles
filantes simultanées ont été observées ainsi que plusieurs doublets.
Plusieurs grosses étoiles filantes ont également été vues,
dont l'éclat allait bien au-delà de celui de la planète Jupiter
mais aucun bolide avec rémanent digne de ce nom n'a été aperçu.
Au total, nous avons approximativement dénombré 350 étoiles filantes
entre 04 H 45 et 05 H 45. Même en tenant compte de l'éclat de la
Lune, nous sommes donc bien en deçà des prévisions des spécialistes.
Le spectacle n'en a pas moins été très chouette : nous avons pu
admirer en une seule nuit plus d'étoiles filantes que nous
n'en avions vu jusqu'à présent. Et cerises sur le
gâteau : nous avons eu droit aux spectacles du coucher de la constellation
d'Orion sur le Mont Brison et du lever de Vénus sur la ligne des
crêtes. L'éclat de la planète de l'Amour surfant sur les neiges
éternelles méritait à lui seul le voyage depuis Fécamp"
Une belle Léonide dans le ciel de Briançon : Photo
de Christophe Ferruel
sur film diapo 800 ISO. La brillante étoile est la planète
Jupiter.

Une petite Léonide noyée dans les lueurs de l'aube.
Photo réalisée par Philippe
Ledoux avec un appareil Canon EOS 50, objectif de 35 mm ouvert
à f/3.5, avec film Kodak Pro Ultra 800 ISO, pose de 4 minutes.

Le coucher de la constellation d'Orion sur le Mont Brison et, à
sa gauche, de Sirius, l'étoile la plus brillante de l'hémisphère
Nord. Photo Christophe
Ferruel.

Le lever de Vénus au-dessus de la montagne, à l'aube.
Photo réalisée par Philippe
Ledoux avec un appareil Canon EOS 50, objectif de 50 mm ouvert
à f/4.5, avec film Kodak Pro Ultra 800 ISO, pose de 1 seconde.

Un peu plus au Sud, sur la Côte d'Azur, les conditions d'observation
des Léonides ont été excellentes. Lionel
Bernardi et les membres du redoutable Astro Biniou Club de Nice
étaient montés sur leur site d'observation favori
de l'Escarène, à 600 m d'altitude, pour photographier
ces Léonides 2002.

Photo d'Antoine Gerhardt, réalisée
également à l'Escarène, à côté
de Nice : pose de 3 minutes sur film Kodak Ultra 800 ISO avec un
appareil Nikkor 20 mm ouvert à f/2.8.

Michel Benvenuto, gloire
notoire du même Astro Biniou Club de Nice, est parvenu à
immortaliser, sur les deux photos suivantes, la traînée
de fumée d'un bolide lors de sa désintégration
dans notre atmosphère.


Patrick Bornet
(Saint Martin, dans la Nièvre) : cette photo montre une faible Léonide
en train de traverser le ciel au-dessus de la traînée
de débris laissée derrière lui par un bolide
qui a explosé juste avant le début de la pose photo.
La traînée de fumée se déforme sous l'influence
des vents d'altitude. En bas et à droite du cliché,
on distingue l'amas d'étoiles des Pléiades.

U. Rieth, depuis les environs
d'Orange, a assisté à "une véritable tempête
d'étoiles filantes. Au moment du maximum, en me tournant
vers le radiant, j'avais l'impression de conduire une voiture durant
une tempête de neige". Le cliché ci-dessous a
été réalisé avec un film Kodak 1600
ISO. Au travers des nuages, à droite, on reconnait la constellation
d'Orion.

Lorenzo Comolli
a réussi depuis Notre Dame des Anges (une colline située
à côté de St Tropez) cette superbe image composite
qui montre la brillante planète Jupiter, dans le coin inférieur
droit, et 44 belles Léonides.

Les Léonides dans le monde :
Simon Filiatrault (Canada)
: "Après avoir passé 2 heures dehors par - 11
degrés, sans réussir à capturer une seule belle
Léonide dans le champ de mon objectif photo, je me disposais
à rentrer pour prendre un bain chaud lorsque j'ai pris ce
dernier cliché dans le ciel de l'aube ... avec une brillante
Léonide. J'ai eu une sacrée chance !".

Photo Alvaro Garay
V. (Winter Springs, Florid, USA) : pose de 15 secondes réalisée
avec un Zenith II, objectif de 50 mm ouvert à f/2.0, sur
film couleur Fuji Superia 400 ISO.

Photo Tor Shuler (Redlands,
Californie, USA) : Des orangers et des météores !
Photo prise avec un Minolta X-370s, objectif de 28 mm ouvert à
f/3.5 durant environ 30 secondes. Film Fuji 400 ISO couleur.

Juan Carlos Casado (Espagne)
a combiné 30 poses photo de 1 minute chacune pour créer
cette image extraordinaire : "Mon objectif Fish-eye était
orienté vers le Lion. Le brillant point central est Jupiter.
Notre site d'observation était le parc naturel de Cap Creus,
le point le plus oriental de la péninsule ibérique.
On peut voir la Méditerranée à l'arrière
plan. Ma femme, Isabel Graboleda, m'a aidé à faire
ces clichés. Vous pouvez aussi noter au premier plan notre
chienne, Leica, en train d'admirer le spectacle".

Robert
Hoetink (Enschede, Pays-Bas) a réussi cette belle image
en compositant 3 poses photos de 8 secondes chacune.

Animation H. Goldberg
(San Rafael, Californie, USA) : "Je n'ai pas eu le temps de
voir ce météore, le plus brillant de toute la nuit,
car il a jailli pendant que j'étais en train d'installer
ma caméra vidéo. Tout ce que j'ai pu voir, c'est mon
ombre sur le sol lorsqu'il est passé dans le ciel".
Film réalisé avec une caméra Sony DCR-TRV10
Digital Camcorder.

Plusieurs autres vidéos spectaculaires sont également
disponibles. Celle de Rob
Suggs, responsable de la NASA/MSFC Space Environments Team (Apache
Point Observatory, New Mexico, USA) montre le
film d'un météore avec sur la bande son l'écho
(475 Ko au format mpeg) d'une retransmission TV de 61 MHz réfléchie
par la trace ionisée du météore
Georges Varros est parvenu
à filmer une brillante Léonide
(417 Ko au format ram), peut-être plus brillante que la Lune,
depuis un DC-8 de la NASA durant la Leonid MAC Campaign, avec l'aide
du Dr Peter Jenniskens et l'équipe de Dryden de la NASA :
"Après un brillant flash, le météore est
réapparu avant de se consumer. Sa trace a été
visible pendant au moins 4 minutes"
Bien sûr, nous avons également une pensée pour
toutes celles et ceux dont la soirée a été
gâchée par la météo, ainsi que pour toutes
celles et ceux qui ont attendu en vain qu'une Léonide veuille
bien passer dans le champ de leur appareil photo. Nous avons en
particulier une pensée pour Françoise Grisel, l'une
des adhérentes du Club d'Astronomie de Toussaint, qui s'est
morfondue en haut des falaises d'Etretat, dans la brume, avec l'espoir
de voir une Léonide passer entre la Lune et la chapelle ...

Certains ont été plus chanceux, comme Blake
Suddeth (Greenwood, Caroline du Sud, USA) : "J'ai pris cette
photo par erreur. J'avais essayé depuis un moment de faire
un cliché des météores, sans succès.
Aussi avais-je décidé de prendre une photo de la Lune
se reflétant sur le lac ... et j'ai eu de la chance !"
Photo réalisée avec un appareil numérique Olympus
paramétré en 400 ISO.

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