Tous ceux et toutes celles qui ont suivi l'éclipse de Soleil
du 11 août 1999 se souviennent certainement des consignes
de sécurité pour observer le Soleil sans risque pour
les yeux : en cas de trou de mémoire, les affreux jojos du
Club d'Astronomie de Toussaint se feront un plaisir de vous rappeler
toutes les
bêtises qu'il ne faut pas commettre !
Rappelons brièvement qu'il ne faut jamais fixer le Soleil
avec les yeux plus de quelques secondes. Observer le Soleil
au travers de jumelles ou d'un télescope sans protection
spéciale serait encore pire : vous deviendrez aveugle en
une fraction de seconde. Pour cette raison, si lors de l'achat de
votre télescope, le commerçant vous a fourni un petit
filtre solaire, en verre à souder, à visser sur l'oculaire,
jetez le tout de suite à la poubelle : ces cochonneries finiront toujours
un jour ou l'autre par vous éclater à la figure au
beau milieu de l'une de vos observations du Soleil !
Le plus sûr, pour un astronome amateur disposant d'un télescope,
consiste à projeter l'image du Soleil sur une feuille de
papier : vous pourrez ainsi admirer les taches solaires sans aucun
risque pour vos yeux.

Vous pourrez même vous amuser à mesurer les taches
solaires grâce au petit gabarit ci-dessous, tiré du
remarquable livre de Pierre Bourge et Jean Lacroux, "A l'affût
des étoiles - Manuel pratique de l'astronome amateur" édité
par Dunod.
Réglez la distance entre votre feuille de papier et l'oculaire
de votre télescope afin que l'image du Soleil se superpose
exactement à votre gabarit. Vous n'avez plus ensuite
qu'à faire tourner celui-ci afin que les taches solaires
observées se retrouvent sur la règle centrale du gabarit
: vous pourrez estimer ainsi avec une excellente précision
la taille des taches du Soleil.
Pour calculer l'activité du Soleil, vous vous servirez du
nombre de Wolf. Cet astronome suisse du XIX° siècle
a mis au point une ingénieuse façon de mesurer régulièrement
l'intensité de l'activité de notre étoile,
grâce aux taches que l'on observe à sa surface. Commencez
par compter le nombre de taches, que vous appelerez "t" puis le
nombre de groupes de taches, que vous appellerez "g". Il vous suffit
ensuite d'appliquer la formule suivante :
W = k (10 g + t)
où :
"W" est le nombre de Wolf
"g" le nombre de groupes de taches. Attention : une tache
isolée est comptée comme si elle formait un groupe
à elle toute seule
"t" le nombre de taches
"k" un coefficient correcteur dépendant de votre type de
télescope et de votre expérience d'observateur. Wolf,
qui observait le Soleil avec une lunette de 75 mm de diamètre,
estimait que dans ces condition, "k" était égal à
1
Ci-dessous, la moyenne mensuelle du nombre de Wolf, calculé
durant les 12 mois de l'année 2000, année de très
forte activité solaire.
jan |
fev |
mars |
avril |
mai |
juin |
juillet |
aout |
sept |
oct |
nov |
déc |
108.9 |
125.5 |
161.9 |
144.2 |
120.1 |
136.9 |
173.8 |
135.8 |
109.6 |
103.7 |
114.8 |
107.8 |
Le calcul régulier du nombre de Wolf vous permettra
de mettre facilement en évidence le cycle undécennal
de l'activité solaire.

le cycle de 11 ans de l'activité solaire
Pour plus de détails sur le cycle du Soleil, connaître
le nombre de Wolf du jour (histoire d'étalonner la valeur
de la constante "k" spécifique à votre télescope)
vous pouvez consulter le
site de la NASA consacré aux taches solaires
Le
site du satellite SOHO vous propose plusieurs images par jour
du Soleil, prises dans différentes longueurs d'onde.
Si la langue anglaise vous rebute, vous vous rabattrez avec plaisir
sur le
site de l'observatoire solaire de Meudon. |