Un grand merci à Jean-Christophe
Dalouzy, membre de la société astronomique de Rouen, pour
cet article qu'il nous a fourni et qui devrait rendre service
à tous les webcamés débutants.
A) Introduction
En cette année 2003, la planète Mars sera idéalement placée
pour l'observation mais aussi pour l'imagerie. De nombreux
détails seront observables à sa surface et pourront être immortalisés
sur une pellicule photo ou sur un capteur numérique. Dans
ce chapitre, je vais essayer de vous donner toutes les clefs
pour vous permettre de réaliser des images de Mars à l'aide
d'une webcam et aussi de vous persuader qu'il n'est pas forcément
nécessaire d'avoir un très gros matériel pour obtenir de bons
résultats.

Image Ph Ledoux
Après une rapide présentation des conditions d'observation
et d'imagerie de la planète nous allons aborder plus précisément
le sujet qui nous intéresse. Une large part sera réservée
à toute la partie acquisition d'image puis une seconde
partie sera consacrée au traitement des images obtenues.
Pour finir par un petit paragraphe sur la réalisation d’images
un peu plus exotiques mais toujours relatives à Mars et qui
pourront être tentées avec une webcam.
B) Les conditions d’observation de la planète durant
le mois d’août 2003
Ce n'est pas arrivé depuis 73 000 ans ! En effet, il faut
remonter à l'homme de Néanderthal pour trouver Mars aussi
proche de la Terre que cette année. L'événement est donc bel
et bien exceptionnel et tous les mordus de l'astro ne doivent
surtout pas le rater.
La distance séparant la Terre de la planète Mars sera, lors
de l'opposition, le 28 août 2003, d'un peu moins de 56 millions
de kilomètres. La planète atteindra alors une magnitude de
-2,8, plus brillante que Jupiter, et aura une taille de 25,1
secondes d'arc, ce qui, dans un télescope, est plus grand
que le globe de Saturne ! Le spectacle s'annonce donc grandiose.
Le seul point noir au tableau est sa déclinaison de -15° lors
de l'opposition, ce qui représente une hauteur par rapport
à l'horizon d'un peu moins de 25° pour le Nord de la France
et de 30° environ pour le Sud de la France lors du passage
de la Planète Rouge au méridien.
Les images ci-dessous représentent les différences de taille
entre plusieurs planètes. Elles ont toutes les trois été faites
avec le même matériel : un télescope Schmidt Cassegrain de
200 mm de diamètre, une lentille Barlow x2 et une webcam Vesta
Pro. Cela permet ainsi de bien apprécier la taille qu'aura
Mars lors de l'opposition.
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Mars à l'opposition 2001
taille: 18,1
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Mars loin de l'opposition 2001
taille : 6,6
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Saturne à l'opposition 2002
Mars sera, cette année, plus
grand que le globe de Saturne.
|
Images JC Dalouzy
Mars est une planète très intéressante à observer car elle
possède de beaux détails à sa surface : des zones sombres,
des zones plus claires et bien sûr deux calottes polaires.
Ces détails sont déjà repérables visuellement avec un télescope
de 115 mm de diamètre. Les plus belles formations sombres
sont : Syrtis Major, Utopia, Mare Acidalium, Mare Erythraeum.
Les zones claires facilement identifiables sont les plaines
Hellas, Chryse et bien sûr les deux calottes polaires.
Voici un planisphère de la planète qui pourra vous aider
à reconnaître ces formations sur vos images webcam :

En plus de ces formations, il est possible d'observer et
donc de photographier les phénomènes météorologiques de la
planète (Tempête de sable, lever de brume matinale.). De par
leur nature imprévisible, ces phénomènes sont d'autant plus
intéressants et peuvent être un bon challenge pour l'imagerie
d'amateur.
C) L’imagerie webcam
I) Généralités
Le grand ennemi de l'amateur désirant faire de l'imagerie
planétaire c'est la turbulence de l'air. Avant que les capteurs
numériques n'apparaissent, seule la photographie argentique,
avec une pellicule classique, permettait d'obtenir des clichés
des planètes. Mais de plus en plus, pour le planétaire notamment,
les caméras numériques ont complètement supplanté le bon vieux
film photo 24x36. Leur avantage essentiel est leur sensibilité.
En photographie classique pour faire des photos des planètes
(et de Mars en particulier), il était nécessaire de faire
des poses de plusieurs secondes. Pour obtenir de bons résultats
les conditions de turbulence devaient être exceptionnelles
(l'air devait être stable durant toute la durée de la pose,
ce qui n'arrive que quelques fois par an). Mais maintenant,
grâce aux capteurs numériques, les temps de pose sont de l'ordre
du dixième, voir du centième de seconde. Ces temps de pose
extrêmement courts permettent quasiment de figer la turbulence
ou tout du moins d'obtenir des images dans les « trous
de turbulence » et donc d'avoir de meilleurs résultats
qu'en photographie argentique. Si on y rajoute la puissance
de l'ordinateur et du traitement d'image, on comprend alors
très bien pourquoi les capteurs numériques ont complètement
remplacé la pellicule traditionnelle.
Mais le gros inconvénient du numérique réside dans le prix.
Il existe de très bonnes caméras astronomiques, qu'on appelle
caméra CCD ( Charge Couple Device ), mais leur prix varie
de 1200 à plus de 15000 € ! C'est pourquoi certains amateurs
ont eu l'idée géniale de détourner les webcams de leur utilisation
première pour en faire de véritables petites caméras astronomiques
à part entière et pour un coût beaucoup plus faible !
II) Gros plan sur la webcam
A l'origine, ces petites caméras étaient prévues pour la
visioconférence sur internet. Elles possèdent un capteur CCD
ou CMOS que certains astronomes ont eu l'idée de mettre au
foyer de leurs instruments. Mais de par leur temps de pose
réduit (1/15ème de seconde pour les caméras non modifiées),
seuls les objets brillants leur sont accessibles. La Lune,
le Soleil et les planètes sont donc leur domaine de prédilection.
Toutes les webcams actuellement disponibles sur le marché
ne conviennent pas forcément à l'imagerie astronomique : il
faut impérativement qu'elles possèdent un capteur CCD et non
un capteur CMOS. Même si d'anciens modèles (comme les Qc
VC, Qc noir et blanc et Vesta Pro) peuvent
encore se trouver d'occasion sur Internet, actuellement la
seule webcam utilisable en astronomie et dont l'achat est
facile, est la Philips ToUcam Pro (son prix est de
120 € environ).
Les webcams les plus utilisées sont les Vesta Pro
et les ToUcam Pro. De plus, elles ont un capteur couleur
et permettent donc de faire de l'imagerie couleur sans avoir
recours à la méthode de la trichromie (recomposition d'une
image couleur à partir de trois images individuelles faites
au travers de trois filtres colorés, rouge, vert et bleu).
Ces webcams ont une sortie sur port USB, ce qui veut dire
que votre ordinateur devra impérativement posséder au moins
une prise USB. De plus, elles sont assez exigeantes en terme
de ressources informatiques. Il faudra donc vous doter d'un
ordinateur (si possible portable car beaucoup plus pratique
à transporter sur le terrain) assez récent, avec une vitesse
horloge d'au moins 500 MHz et un minimum de 16 Mo de Ram.
Un gros disque est fortement conseillé car les films enregistrés
par la webcam, prennent rapidement plusieurs centaines de
Mo ! 20 Go de disque dur semble donc un bon minimum. Si la
caméra en elle-même n'est pas très chère, en revanche l'ordinateur
nécessaire pour la faire fonctionner est relativement coûteux.
III) Adaptation de la webcam sur le télescope et système
grossissant
Une fois votre webcam achetée, vous constaterez qu'elle possède
un objectif qui permet de former l'image sur le capteur lors
d'une utilisation courante. Dans cet objectif, il y a un filtre
qui coupe les infra-rouges (les capteurs CCD sont assez sensibles
à l'infra-rouge) et également des lentilles. Malheureusement
celles-ci sont en plastique, et de ce fait de trop mauvaise
qualité optique pour être utilisable en astronomie. Il faut
par conséquent enlever l'objectif pour adapter la webcam sur
le télescope. C'est ce dernier qui jouera alors le rôle de
l'objectif.
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La webcam et son objectif
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La webcam, objectif dévissé
|
Dans le cas des webcams de marque Philips (ToUcam
Pro et Vesta Pro), cette opération est aisée, puisque
l'objectif est amovible. Il suffit juste de le dévisser :
un pas fileté apparaît et au fond de la caméra, le petit capteur
CCD.
La plupart des télescopes du commerce possèdent un coulant
de 31,75. Il faut donc trouver un système permettant d'adapter
la webcam sur du 31,75. Pour cela deux solutions : coller
une boite de pellicule photo (dont certaines ont le diamètre
tant recherché, notamment celles de marque Fujicolor) sur
le capot de la caméra, mais dans ce cas, il faut faire très
attention que cet adaptateur soit rigoureusement perpendiculaire
au capteur. Sinon, lors de la prise de vue, un côté de l'image
sera net et pas l'autre. La seconde solution est d'utiliser
le pas fileté et de faire usiner un adaptateur en métal (aluminium
par exemple) possédant d'un côté un filetage correspondant
au filetage de la webcam et de l'autre le coulant 31,75.

Philips Vesta Pro avec son adaptateur au coulant 31,75 -
Image JC Dalouzy
Ce système d'adaptation peut être utilisé avec deux configurations
possibles : la webcam placée directement au foyer du télescope
(intéressant pour l'imagerie solaire ou la mosaïque lunaire)
ou bien placée sur une lentille de Barlow, elle-même mise
au foyer du télescope. Si l'on veut utiliser un oculaire de
projection, il faudra concevoir un système différent et plus
complexe permettant d'insérer et de fixer dans l'adaptateur
un oculaire.

2 lentilles de Barlow et, au milieu, l’adaptateur
pour la webcam - Image JC Dalouzy
Pour '’imagerie webcam de Mars, il faut pousser la
focale du télescope jusqu'à un minimum de 4 mètres. Pour cela,
on peut utiliser une lentille de Barlow x2 ou x3 dans le cas
des télescopes de type Schmidt-Cassegrain ou Maksutov-Cassegrain,...
Et de tous les instruments possédant une focale de départ
suffisamment longue. Dans le cas des télescopes de Newton,
l'utilisation d'un oculaire de projection est mieux indiquée.
Dans tous les cas, il faudra prendre une très bonne qualité
optique et le haut de gamme des lentilles de Barlow (voici
quelques exemples de Barlow : la Meade x2 Apo, ou toutes
celles de la gamme Télévue…). Le prix de cet accessoire
est de l’ordre de 150 à 200 €.
IV) Les télescopes utilisables pour l’imagerie webcam
En théorie n'importe quel instrument peut être utilisé pour
faire de l’imagerie webcam. Il s'agit là aussi d'un
avantage par rapport à l'imagerie argentique. Il y a quelques
années, il était totalement impensable d'obtenir des détails
sur Mars en photographie traditionnelle avec un télescope
de 115 mm par exemple. Mais maintenant grâce à la webcam,
on peut même utiliser une lunette de 60 mm ! Bien évidemment
la qualité des résultats sera proportionnelle au diamètre
et à la qualité optique de '’instrument. Mais chacun
avec son instrument, et même avec un instrument d'entrée de
gamme, peut obtenir des résultats intéressants et assez rapidement.

Mars lors de l’opposition 2001 faite avec un 115mm
- Image E Bonduelle
Néanmoins, l'instrument le plus souvent utilisé en imagerie
webcam planétaire est l'incontournable télescope Schmidt-Cassegrain.
Avec un rapport F/D de 10, il permet avec l'adjonction d'une
Barlow x2 ou x3 d'arriver à des focales compatibles avec une
imagerie planétaire de qualité.
Cependant, j'insisterai plus sur la monture du télescope.
Il est fortement conseillé qu'elle soit équatoriale et si
possible motorisée (au moins en ascension droite) pour compenser
la rotation de la Terre et également pour éviter les rotations
de champ lors de la prise de vue. Il est assez illusoire de
faire de bonnes images webcam avec une longue focale sur une
monture azimutale.
V) Les conditions de prise de vue et le réglage de votre
instrument
1) La turbulence
Même si vous possédez le meilleur instrument avec une qualité
optique parfaite, son « défaut » sera toujours qu'il est sur
Terre et donc soumis aux aléas des mouvements de notre atmosphère.
La prise de vue des planètes et de Mars en particulier nécessite
des conditions atmosphériques éminemment favorables. Par là,
il faut entendre que la turbulence doit être faible pour obtenir
des résultats intéressants.
Physiquement, il s'agit de mouvements d'air provoqués par
des masses d'air de différentes températures. C'est ce qui
fait « danser » les images au dessus d'un radiateur, ou c’est
ce qui fait scintiller les étoiles. En imagerie planétaire,
la turbulence est l'ennemie numéro 1 contre laquelle il faut
se battre constamment car elle brouille les plus fins détails
de la planète.

Mars au milieu d’une belle turbulence … Image
Ph Ledoux
Elle est due à deux phénomènes : « la turbulence instrumentale
» et « la turbulence atmosphérique ». La première est due
à la différence de température entre l'instrument et l'air
ambiant. Celle-ci peut être combattue en mettant l'instrument
en température, c'est à dire en mettant le télescope à l'extérieur
pendant au moins 30 minutes avant de commencer des prises
de vue (ne pas oublier les accessoires et la webcam).
La seconde est beaucoup plus ennuyeuse puisqu'on ne peut
rien faire pour y remédier ! On peut quand même éviter la
proximité des cheminées, des maisons, des terrasses en béton,
et éviter d'observer à travers une fenêtre ouverte. Mais il
restera toujours celle de la haute atmosphère. Et là, il n'y
a qu'à attendre une belle nuit (pour en juger, regardez les
étoiles : si elles scintillent au zénith, ne sortez même pas
! Mais si elles sont parfaitement ponctuelles, même basses
sur l'horizon, attendez-vous à de bonnes conditions). Toutefois
pour juger plus précisément les conditions de turbulence,
il faut observer une étoile fortement grossie. Juste pour
indication (bien évidemment cela dépend des lieux ) : quelques
nuits par mois sont assez peu « turbulentes » et seulement
quelques nuits par an sont sans aucune turbulence !!! Il faut
donc profiter au maximum de ces rares nuits !
Cependant, il faut quand même relativiser. Même si la turbulence
est rarement nulle, lors des nuits de turbulence moyenne à
faible, il y a toujours des trous de turbulence dans lesquels
les mouvements d'air se calment et permettent d'obtenir tout
de même des images détaillées. Comme la webcam filme la planète,
on obtiendra forcément des images dans ces trous, qui seront
de bonne qualité et qu'il faudra sélectionner pour le traitement
: nous verrons tout cela en détail un peu plus loin.
2) La collimation
Voyons maintenant, un point important qui s'adresse qu'aux
possesseurs de télescope : il s'agit de la collimation. Sous
ce nom se cache tout simplement le réglage des miroirs. En
effet, un défaut d'alignement de ces derniers entraîne une
perte de luminosité et de contraste de l'image. Vous l'aurez
compris, pour l'obtention de bons résultats, il s'agit d'une
étape obligatoire avant chaque prise de vue planétaire. Je
vais la détailler rapidement
Il serait souhaitable de refaire la collimation avant chaque
prise de vue et même avant chaque pointage de l'instrument
!!! En réalité, la résolution est souvent plus limitée par
la turbulence que par la collimation. Lorsque la turbulence
est faible la collimation doit être impérativement refaite
avant la prise de vue. Je vais surtout détailler la collimation
des télescopes Schmidt Cassegrain car ce sont les instruments
les plus répandus chez les amateurs, sachant que la collimation d’un
Newton est semblable.
Une petite décollimation transforme votre Schmidt Cassegrain
en un instrument de piètre qualité. La collimation sur ce
genre d'instrument se fait en vissant ou en dévissant les
3 petites vis qui tiennent le miroir secondaire.

Attention, il ne faut jamais que l'une des 3 vis soient serrées
au maximum car une contrainte sur le miroir secondaire apparaîtrait,
de même, il ne faut jamais que l’une des vis soit totalement
libre car alors le miroir aurait du jeu. Dernier point : certains
télescopes comportent une 4° vis, en position centrale sur
le support du miroir secondaire, qui ne doit jamais être touchée
car c'est elle qui maintient le miroir secondaire dans le
télescope : un miroir secondaire qui se détache et vient fracasser
le miroir principal au fond du télescope est une expérience
douloureuse, tant pour le porte-monnaie que pour l'amour-propre
!
La première chose à faire lors de la collimation est d'attendre
la mise en température de l'instrument car la dilatation thermique
fait bouger l'alignement des miroirs. On pointe tout d'abord
une étoile dans le même secteur que la planète à « webcamer
», puis on prend un oculaire de longue focale et on défocalise
fortement l'étoile. On obtient alors l'image ci-dessous :

Image JC Dalouzy
Il faut que le cercle noir (qui représente le miroir secondaire)
soit parfaitement centré par rapport au grand cercle blanc.
Ceci représente la première étape. Il faut ensuite grossir
environ 300 fois une étoile et la défocaliser en intra et
en extra focale, on obtient alors une image comme ci-dessous
:

Image JC Dalouzy
On voit très bien un point lumineux au centre et des cercles
concentriques centrés sur cette étoile, il faut que l'ensemble
soit parfaitement centré. Si ceci est fait en intra et en
extra focale, la collimation peut être jugée comme acceptable,
c'est la seconde étape.
Mais le mieux, que je recommande de faire, et qui constitue
la troisième et dernière étape, c'est de collimater sur les
disques d'Airy. Ils s'obtiennent en grossissant fortement
une étoile (au moins 1,5 fois le diamètre de votre instrument)
et en faisant une très bonne mise au point sur l'étoile. C'est
une étape délicate qui demande des conditions atmosphériques
très propices. C'est pourquoi la majeure partie du temps,
on s'arrête à l'étape deux.
3) La mise en station
Continuons dans les réglages de l'instrument avant la prise
de vue, car je le répète, ce sont ces réglages qui vous permettront
d'obtenir de bonnes images et qui feront la différence entre
une image de qualité médiocre et une image de bonne qualité.
La mise en station est uniquement destinée aux montures équatoriales,
elle consiste à aligner l'axe polaire de la monture du télescope
vers l'étoile polaire pour permettre un suivi de qualité.
Si en imagerie du ciel profond elle doit être faite de façon
très très rigoureuse (avec la méthode de Bigourdan par exemple)
pour assurer un suivi parfait, en imagerie planétaire et webcam
en particulier, une telle mise en station n'est pas nécessaire.
Un simple alignement vers le pôle, facilité éventuellement
par le viseur polaire de votre télescope s'il en est doté,
suffit amplement.
En effet, s'il est beaucoup plus agréable de ne pas être
obligé de faire constamment des mouvements de rappels pour
garder la planète dans le champ de la webcam, on peut cependant
lui autoriser une petite dérive. Ceci est même conseillé car
les capteurs CCD des webcams possèdent souvent des défauts
ou des poussières, que le déplacement de la planète devant
ce capteur permet d'annuler lors de la phase de retraitement
numérique des images (cf chapître VII).
4) La mise au point
C'est l'action de rendre nette l'image. On emploie également
le terme de focalisation. Pour cela, on va amener le capteur
de la webcam dans le plan focal de l'instrument. La mise au
point doit être la plus parfaite possible. C'est pourquoi,
on la refait souvent entre chaque prise de vue. On peut la
faire de différentes manières : à l'aide du disque de Hartmann,
par FWHM,……
Mais, avec l'habitude, elle se fait directement sur la planète,
en regardant les images brutes sur l'écran de l'ordinateur.
Cette étape est la plus longue, la plus délicate mais c'est
très certainement la plus importante. Il faut donc la soigner.
En conclusion de ce paragraphe V, voici la récapitulation
sous forme de tableau des différentes étapes à soigner plus
ou moins pour l'imagerie webcam de la planète Mars :
Etapes
|
« A soigner »
|
La mise en température
|
+
|
La collimation
|
++
|
La mise au point
|
++
|
La mise en station
|
-
|
- : Peut être plus
ou moins « bâclé »
+ : A soigner
++ : A soigner
absolument, étape obligatoire
VI) L’Acquisition proprement dite
Après cette longue présentation du matériel et des différents
réglages de votre instrument, on peut maintenant aborder l'acquisition
des images avec la webcam.
L'acquisition webcam n'est pas une image instantanée de la
planète, mais un petit film au format .avi (prononcez A V
I), dit plus communément un avi (c'est cette dénomination
que je vais utiliser par la suite pour parler de l'enregistrement
fait par la webcam). Vous allez en fait filmer la planète
et pas seulement en faire une image unique. Mais pour cela,
il faut utiliser certains logiciels, non fournis avec la webcam.
Je vais en citer 2, qui sont les plus utilisés : QcFocus
et Iris. Les deux sont assez similaires d'un point
de vue acquisition, ils permettent d'enregistrer un avi de
la planète et d'accéder à tous les réglages de la webcam,
que nous allons détailler plus loin. Cependant, Iris
est avant tout un logiciel de traitement d'image, et la partie
acquisition n'est qu'une petite partie de ce logiciel. Pour
ma part, j'utilise QcFocus car je le trouve très simple
d'utilisation.
Ces 2 logiciels, sont disponibles gratuitement sur internet
aux adresses suivantes :
- QcFocus : http://www.astrosurf.com/astropc
- Iris : >http://www.astrsurf.com/buil
Je vais plus détailler ici l'acquisition avec QcFocus,
dont voici la fenêtre :
Image JC Dalouzy
Sous Iris, la fenêtre d'acquisition est différente,
mais les fenêtres de réglage de la caméra sont identiques.
De façon générale, l'acquisition se fait en « cliquant sur
le bouton enregistrement » !! Mais, il faut quand même effectuer
au préalable quelques réglages de la webcam.
La première chose à faire est de sélectionner le format d'image
(format dans QcFocus). Par défaut, c’est le format
320 x 240 qui est coché, mais il faut sélectionner 640 x 480
pour avoir le maximum de résolution.
Ensuite, lorsqu'on ouvre les paramètres de réglage de la
caméra (exposition dans QcFocus), on a accès à différents
paramètres : La luminosité, le contraste, le gamma et la saturation
qui sont à laisser à 50 % dans un premier temps, on pourra
plus tard essayer de toucher à ces paramètres pour essayer
d'améliorer un peu l'image.
Voici la fenêtre « commande d'image » de la Vesta Pro
(pour la ToUcam Pro, c'est quasiment identique)
On peut régler ici, le taux d'images (en haut) ainsi que
la luminosité, contraste et gamma (en bas à gauche). On peut
également mettre l'image en Noir et Blanc et obtenir l'image
miroir (en bas à droite).

Image JC Dalouzy
Sur l'exemple ci-dessus, on a sélectionné une vitesse d'enregistrement
au rythme de 5 images par seconde. En général, il est recommandé
d'utiliser un taux d'images entre 5 et 15 images par seconde
pour avoir le maximum d'images et, de ce fait, avoir plus
de chances de tomber dans les trous de turbulence. On serait
tenté de sélectionner 30 images seconde, mais pour de tel
taux de rafraîchissement, les images sont compressées et perdent
en qualité. Ces forts taux sont donc à proscrire.
Les 3 paramètres suivants sont essentiels (voir image ci-dessous).
C'est avec eux que l'on va régler la caméra. Le premier, la
balance des blancs, est à laisser en automatique pour éviter
d'avoir des couleurs bizarres (rose, jaune). Les 2 suivants
(gain et exposition) sont liés et il faut décocher la case
automatique. L’exposition est en règle générale laissée
au maximum (1/25). Quant au gain, il faut le diminuer car
en le diminuant, on diminuera la luminosité de l'image, mais
surtout le grain de l'image qui deviendra alors plus lisse,
plus esthétique. Cependant, dans le cas des Vesta Pro,
il ne faut pas le descendre sous la barre des 70 %, pour les
ToUcam on peut l'abaisser jusqu'à 60 %. En dessous
de ces valeurs, l'image perd en dynamique et les planètes
présentent après traitement des cercles concentriques sur
le bord du disque. Il faut donc l'ajuster au mieux pour avoir
une planète à la fois correctement exposée, pas un seul endroit
saturé (zone toute blanche) mais aussi à la fois pas trop
sous-exposée. Affinez le mieux possible en jugeant par vous
même sur l'écran.
Voici ci-contre une vue de la fenêtre « commandes caméra
».

Image JC Dalouzy
Un dernier petit mot sur l'acquisition : même si ce ne sont
pas les images brutes qui constitueront vos images finales,
néanmoins, aucun traitement numérique, aussi bon et aussi
maîtrisé soit-il, ne pourra jamais faire d'une mauvaise image
brute, une bonne image finale. Il vous faudra donc reconnaître
les bons avis des mauvais, et pour cela, seule l'habitude
pourra venir à votre secours ! Voici un petit comparatif sur
Jupiter :

|

|
Une bonne image brute
|
Une mauvaise image brute,
granuleuse et bruitée
|

|

|
L'image traitée
|
L'image traitée
|
Images JC Dalouzy
Après toutes ces étapes de réglage du télescope, de réglage
de la webcam, et une fois réalisé l'enregistrement des avis
sur le disque dur, il ne reste plus qu'à traiter tout cela
grâce à l'ordinateur. C'est ce que nous allons détailler dans
le paragraphe suivant.
VII) Le traitement d’image
1) Introduction
Dans ce paragraphe je ne vais traiter que de l'aspect pratique
du traitement (d'où peut-être par moment quelques abus de
langage) et non des algorithmes et fonctions mathématiques
qui sont derrière les différents traitements.
Mais avant de commencer, je voudrais à nouveau insister sur
quelques petits points. Le premier le but du traitement est
uniquement de faire apparaître des détails qui existaient
déjà dans l'image brute mais qui n'étaient pas mis en évidence
mais en aucun cas de faire apparaître des détails qui n'existaient
pas ! Le second : ce traitement doit, par conséquent, toujours
être léger pour éviter de voir apparaître des artefacts :
l'image idéale est la brute !
2) Les logiciels qui nous sont nécessaires :
Avant tout, voyons les différents logiciels les plus utilisés
et qui nous sont nécessaires après l'acquisition de l'avi
pour traiter ce dernier :
- Tout d'abord le logiciel Avi2bmp, que vous pouvez
télécharger gratuitement à l'adresse suivante : http://avi2bmp.free.fr,
et qui permet de séparer les frames (=images individuelles)
de l'avi ainsi que de les compositer (voir plus loin).
- L'excellent logiciel de traitement d'image, Iris,
que vous pouvez télécharger gratuitement à l'adresse suivante
: http://www.astrosurf.com/buil,
qui permet de faire tous les traitements possibles !
- Registax : très bon logiciel de traitement d'image
qui donne accès à différents types de traitements et qui est
en plus très simple d'utilisation. Il peut également se télécharger
gratuitement à l'adresse suivante : http://aberrator.astronomy.net/registax/
- Prism, puissant logiciel d'acquisition et de traitement
d'image CCD en général mais qui peut aussi servir pour l'imagerie
webcam. Son seul inconvénient est qu'il est payant, mais vu
tout ce qu'il propose, son prix est justifié !
- Un logiciel de retouche d'image classique (Paint Shop
Pro, Photoshop…)
Cependant, dans les paragraphes qui suivent, nous allons
uniquement voir les logiciels Avi2bmp et Iris,
car ils proposent tout ce dont l'amateur a besoin pour réaliser
le traitement de ses avis.
3) La clef de tout : le compositage
Les images brutes sont très bruitées et si on applique n'importe
quel traitement, c'est plus le bruit de l'image qui va ressortir
que les détails ! Pour éviter cela on a recours au compositage
(=addition de plusieurs frames issues d'un avi).
On peut utiliser le logiciel avi2bmp. Pour cela on
ouvre l'avi et on voit apparaître à gauche de la fenêtre toutes
les frames de l'avi (voir image ci-contre). On sélectionne
ensuite les meilleures images de l'avi que l'on veut compositer
puis on réalise un cadrage automatique des images sélectionnées
(nécessaire pour que toutes les images soient parfaitement
centrées) puis on effectue le compositage et on obtient une
image que l'on enregistre.
Tout ceci est également possible sous Iris.

Image JC Dalouzy
4) Traitement simple : c’est déjà mieux que les brutes
!
Une fois que l'on a obtenu notre image compositée, on peut
reprendre cette image avec les logiciels de retouches d'image
et appliquer un masque flou dont on réglera au mieux le rayon,
la puissance et la différence. Ensuite on peut également retoucher
la luminosité, le contraste et enfin la saturation des couleurs
et vous verrez que le résultat obtenu sera déjà nettement
supérieur à l'image brute ! Mais il est encore perfectible...
Le logiciel qui permettra de parfaire encore le résultat
se nomme Iris. Il s'agit d'un logiciel très puissant,
mais assez difficile d'utilisation, c'est la raison pour laquelle,
je vais beaucoup plus m'étendre dessus :
5) Iris : Le logiciel à tout faire !
a) Présentation :
Comme je l'ai dit au début du chapitre, il est disponible
gratuitement sur internet. Vous pouvez le télécharger sur
le site de Christian Buil : http://www.astrosurf.com/buil
(le logiciel fait environ 1,7 Mo). La version actuelle est
la 3.82.
Il est compressé et une fois décompressé, vous pouvez l'installer
en double cliquant dans setup.exe. L'installation sous Windows
se fait sans aucun problème. Quand vous ouvrez le logiciel,
vous obtenez la fenêtre suivante :
Image JC Dalouzy
Comme dit un peu plus haut, ce logiciel est également capable
de faire de l'acquisition webcam à la place de QcFocus
évoqué précédemment.
b) Prise en main et préréglages:
Avant de s'attaquer aux fonctions du logiciel, il faut tout
d'abord voir les différents petits réglages et l'aspect général
du logiciel.
Iris va, dans ses traitements, créer des fichiers
et des images. Ces images sont enregistrées par défaut sur
votre disque dur c:\. Aussi je vous conseille de créer un
fichier Iris sur c:\, qui sera le fichier de travail du logiciel,
cela permettra après traitement de supprimer plus facilement
tout ce qui a été créé sans supprimer par inadvertance des
fichiers système. Pour cela, il faut aller dans le menu déroulant
« fichier » de Iris, puis dans « réglage » et désigner votre
fichier C:\Iris dans l'espace « Chemin du répertoire de travail
».
Venons-en maintenant au logiciel. Dans les menus déroulants,
vous allez trouver plusieurs fonctions du logiciel qui ont
leur correspondance en commande à taper dans la boite « commande
», vous verrez par la suite qu'il est plus facile de taper
les commandes que de cliquer avec la souris ! D'autant plus
que toutes les fonctions du logiciel ne sont pas dans les
différents menus.
Je ne vais pas trop m'attarder sur ces menus, mais juste
une précision sur le menu « webcam ». Grâce à la dernière
version du logiciel, il est possible de faire de l'acquisition
webcam sans passer par un autre logiciel, cette acquisition
peut être faite soit sous forme de film, soit sous forme d'image
individuelle, le logiciel permet également de faire de l'autoguidage
grâce à une webcam, d'insérer l'heure de la prise sur l'image,
etc...
c) Conversion de l’avi :
Voyons tout d'abord les premières fonctions simples d'Iris.
Ce logiciel ne peut lire que les images au format .fit et
les images au format .bmp. Mais ce n’est qu’avec
les images en .fit que le traitement est possible. Il faut
donc absolument convertir votre avi sous ce format.
Pour cela, vous allez dans le menu « fichier », puis dans
« conversion d'avi ». La fenêtre ci-dessous s'ouvre alors
:

Image JC Dalouzy
Vous allez y chercher votre fichier avi grâce au bouton
« sélectionner » et nommer vos trois couches : le plus simple
est de donner pour nom générique du canal rouge le nom R,
puis le nom V pour le canal vert et enfin B pour la couche
bleue. Par exemple : votre avi comporte 300 images en couleur,
vous effectuez les réglages ci-dessus puis vous lancez la
conversion avec le bouton « convertir ». Une fois celle-ci
finie, vous vous retrouvez avec 900 images en fit (300 pour
le rouge, 300 pour le bleu et 300 pour le vert) numérotées
de 1 à 300. Après cette conversion, on arrive très vite à
500 Mo (au moins !). D'où la nécessité d'avoir un très gros
disque dur !
Vous venez donc de convertir vos images en fit, qui sont
alors directement exploitables par le logiciel. Maintenant,
toutes les commandes qui vont être expliquées seront à écrire
dans la boite de commande du logiciel que l'on fait apparaître
en cliquant sur l'icône suivant :

Image JC Dalouzy
d) Sélection, recadrage et compositage des images :
Comme nous l'avons vu dans les paragraphes précédents, lorsque
l'on fait des images webcam, on fait en réalité l'acquisition
d'un petit film qui comporte plusieurs centaines d'images.
Or, toutes ces images ne sont pas forcément de bonne qualité
à cause de la turbulence, il faut donc réaliser une sélection
des meilleures images. Pour cela, deux solutions : la sélection
manuelle (longue et fastidieuse, mais très efficace, c'est
ce qui peut être fait sous Avi2bmp) ou la sélection
automatique (rapide mais un tout petit peu moins efficace).
C'est cette dernière que nous allons voir à présent :
Iris, permet de sélectionner les meilleures images
d'un avi mais aussi de les classer automatiquement. Pour cela
il faut taper la commande suivante une fois la boîte de commande
affichée :
>bestof [nomV] nb d'images de l'avi.
Pour faire cette sélection, le logiciel doit s'appuyer sur
une couche de référence. En général on prend la couche verte
car c'est celle qui est de meilleure qualité, correspondant
à la meilleure sensibilité du capteur CCD. Celà facilite le
travail du logiciel et rend plus fiable sa sélection. On donne
alors le nom générique de cette couche et le nombre d'images
que comporte l'avi. On peut également faire un cadre sur l'image
pour que le « bestof » se fasse sur cette partie de l'image.
Après cette commande, Iris crée un fichier (select.lst).
Il faut maintenant classer nos images par ordre de beauté,
pour cela on utilise la commande suivante :
>select [ nom des images d'entrée ] [ nom des images
de sortie ]
Le « nom des images d'entrée » est celui que vous avez donné
à vos images lors de la conversion de l'avi et le « nom des
images de sortie » est le nom que vous voulez que vos images
portent après cette commande. Cette commande s'appuie sur
le fichier créé précédemment et est à faire pour les 3 couches
R,V et B. Au final, on aura alors toutes nos images qui seront
classées de la plus belle à la moins belle dans les 3 couches.
Attention, cette opération double le nombre d'images sur votre
disque dur et donc la mémoire utilisée !
A noter : Dans la toute dernière version d'Iris, il
existe une fonction qui regroupe toutes ces commandes ainsi
que les fonctions de compositage automatique des images. On
peut ainsi lancer la fonction et laisser l'ordinateur tourner
tout seul ! Notez que cette opération, même avec un ordinateur
puissant, prend quand même au minimum 15 minutes. Voici le
script :
>compute_trichro1 [nom de la couche maître] [nomR]
[nomV] [nomB] [taille] [nombre d'images sélectionnées] [nombre
d'images totales]
Le nom de la couche maître étant celle sur laquelle Iris
va faire sa sélection (en général on choisit la couche V),
puis suivent les 3 noms de chaque couche et enfin les différents
nombres d'images.
Le choix de la taille est évoquée ci-dessous dans le compositage.
e) Le compositage :
Comme dit plus haut, en imagerie CCD et webcam (et de plus
en plus aussi en argentique), on a recours au compositage,
c'est à dire à l'addition d'un certain nombre d'images pour
différentes raisons. En planétaire, le but principal est d'augmenter
le rapport signal/bruit pour qu'après le traitement, les plus
fins détails ne se fondent pas avec le bruit. Mais pour pouvoir
additionner ces images, il faut qu'elles soient parfaitement
superposables. Or, on imagine bien que lors de la prise de
vue, la planète se déplace toujours un peu sur le capteur
de la webcam : il faut donc les recadrer.
Iris, permet de faire ceci assez facilement grâce
à la commande est pregister, dont voici le script :
>pregister [nom des images d'entrée] [nom des images
de sortie] [taille] [nombre d'images à recadrer]
Il faut au préalable avoir fait un cadre sur l'image. Pour
la valeur de la taille il faut prendre un multiple de 2 (en
général on prend 256 ou 512).
Cette commande va créer un fichier qui s'appelle schift.lst
dans lequel sont écrites toutes les corrections à faire sur
chaque image.
La commande file_trans va reprendre les images et va les
recadrer, en donnant un nouveau nom aux images recadrées.
Le script est le suivant :
>file_trans [nom des images d'entrée] [nom des images
de sortie] [nombre d'images]
Une fois que nos images sont recadrées, il faut
maintenant les additionner, pour cela 2 commandes sont possibles.
On peut additionner tout simplement l'image 1 avec la 2 etc...,
alors le script est le suivant :
>add2 [nom des images] [nombre d'images à additionner]
Mais il arrive qu'en additionnant les images
on dépasse le seuil fatidique de 32767 au delà duquel les
pixels supérieurs à cette valeur restent blancs. Il faut donc,
avant d'additionner, multiplier toutes les images par une
constante. On peut bien évidemment le faire manuellement avec
la commande mult2, mais on peut aussi utiliser la commande
add_norm qui multipliera toutes les images pour arriver exactement
sous les 32767, le script est le même que tout à l'heure :
>add_norm [nom des images] [nombre d'images]
Cette addition réalisée, il faut ensuite ajuster manuellement
les seuils de visualisation grâce à la fenêtre suivante:

Image JC dalouzy
f) Le traitement d’image sous Iris :
Je vais détailler dans cette partie les 3 traitements les
plus utilisés en imagerie webcam planétaire, c'est à dire,
le masque flou, le traitement par ondelette et le vancittert.
Tout d'abord le masque flou :
La commande à taper est la suivante :
>unsharp [sigma] [coefficient] [flag]
Les 2 premiers coefficients sont à ajuster au mieux pour
obtenir l'image la plus détaillée sans pour autant faire ressortir
le bruit de l'image. Le troisième paramètre dépend de la nature
de votre image, il est égal à 1 pour une image planétaire
et à 0 pour une image stellaire.
Le traitement par ondelette maintenant :
Il faut taper une suite de commandes pour effectuer ce traitement,
la voici :
>wavelet x y 6
>load x6
>add y6
>add y5
>add y4
>add y3
>add y2
Dans ce traitement, l'image d'origine est décomposée en plusieurs
plans (c'est ce que fait le logiciel avec la première commande
: wavelet x y 6), puis on va additionner ces plans pour obtenir
l'image finale. Les différents plans sont classés par « ordre
de détail ». La couche la plus « détaillée » est la couche
y1 (tellement détaillée qu'il ne s'agit en général que du
bruit, c'est pourquoi on ne l'additionne jamais) et la moins
détaillée est la couche y6 ; le « jeu » consiste à additionner
autant de fois que vous le jugez nécessaire les différents
plans afin d'obtenir l'image la meilleure possible sans qu'elle
soit surtraitée, c'est en général avec les couches y3 et y2
que l'on joue le plus. Dans ce cas là, c'est vous, en regardant
l'image sur le moniteur de votre ordinateur qui jugez de l'aspect
de l'objet « webcamé » qui vous convient le mieux !
Et enfin le traitement par vancittert :
La commande est simplement :
>vancittert x y
Où x et y sont 2 coefficients à ajuster au mieux. x étant,
disons, « un coefficient de puissance » et y le nombre d'itération,
c'est à dire le nombre de fois que ce traitement va être fait.
Voilà pour les traitements de base. Sachez qu'Iris,
possède beaucoup d'autres algorithmes, tels que le Lucy-Richardson
(>rl), ou le traitement par maximum d'entropie (>mem).
De toute façon, avec une même image, quelque soit le traitement
utilisé et '’il est bien dosé, vous obtiendrez à peu
de chose près la même image finale.
g) La recombinaison des couches :
Après les traitements, on se retrouve finalement avec une
image dans chaque couche de couleur, il ne reste plus qu'à
les recombiner pour retrouver une image couleur. Voici le
script :
>trichro [imageR] [imageV] [imageB]
et dernière opération, vous sauvegardez votre image sous
le format bmp grâce au script suivant :
>savebmp [image finale]
A noter : Il arrive parfois que les images
des 3 couches ne soient pas parfaitement superposées, créant
alors un côté bleu et un côté rouge sur l'image finale. On
peut résoudre ce problème par 2 solutions, soit en faisant
un pregister sur les 3 images, soit en utilisant la commande
« trichromie » dans le menu déroulant « visualisation ». Vous
pouvez alors décaler de n pixel la couche que vous voulez
pour supprimer le décalage des couches. Il est recommandé
pour cela de diminuer le seuil haut.
Nous venons de voir ici les bases du traitement d'image,
mais il ne faut pas vous effrayer : de prime abord tout cela
semble assez confus et compliqué, mais au bout de quelques
traitements d'avis, vous aurez vite pris l'habitude de ces
commandes.
D) L’emploi de filtres de couleurs :
Ces filtres ont la faculté d'accroître le contraste de l'image
et sont de ce fait très appréciés. Les filtres les plus souvent
utilisés pour l'imagerie webcam de la planète Mars sont :
--- le filtre bloquant les rayons infra-rouges
: le capteur CCD est très sensible dans cette longueur d'onde,
et l'image de Mars se trouve alors affectée d'une image fantôme
qui vient se superposer à l'image couleur normale de la planète.
Les filtres IR-cut permettent d'éliminer cette image fantôme.
Image brute avec surimpression d'une Mars fantôme
due aux inra-rouges.
--- le filtre rouge 25A ou 21A : il rehausse
le contraste des régions sombres de Mars (Syrtis Major, Sinus
Sabaeus, Mare Acidalium, Mare Erythraeum, Utopia)
--- le filtre bleu clair 80A : il permet
de mettre en évidence les nuages et les brumes de l'atmosphère
martienne, en particulier dans la région du terminateur.
L'utilisation de ces filtres nécessite un peu plus d’expérience
dans le maniement de votre webcam. Le filtre IR-cut est généralement
laissé à demeure sur la webcam, de façon à ce que tous les
films avi soient débarrassés des infra-rouges et des images
fantômes qu’ils génèrent. Les autres filtres peuvent
alors être vissés sur ce même filtre IR-cut, comme des poupées
gigognes.

Le filtre bleu, outre son intérêt pour filmer l'atmosphère
martienne, présente également un autre avantage pour les webcameurs
: lors de l'acquisition d'un avi couleur normal, sans filtre,
on constate que la couche bleue est la plus médiocre, affectée
par un bruit de fond important. L'emploi d'un filtre bleu
permet de réaliser un deuxième avi qui fournira une belle
image bleue de Mars qui sera alors substituée à la couche
bleue de l'avi couleur sans filtre. L'image couleur finale
sera alors de bien meilleure qualité que celle fournie par
une simple image acquise selon la méthode «normale». Une précaution
cependant : le filtre ne doit pas être trop foncé car le capteur
de la webcam n'a pas une sensibilité extensible à l'infini.
Un filtre 80A semble être un bon choix.
Le filtre rouge permet également d'améliorer sensiblement
l'image couleur, grâce à la technique de compositage LRVB
: on commence par réaliser un avi couleur normal de Mars,
que l'on retraite avec Iris selon la méthodologie décrite
précédemment. Puis on effectue un second avi de Mars, avec
le filtre rouge cette fois : l'image obtenue fera l'objet
d'un traitement numérique particulièrement poussé de sa couche
rouge afin de faire ressortir un maximum de détails. Les 2
autres couches couleurs de ce second avi ne seront pas employées.
L'image résultante sera la couche dite de « luminance » et
elle sera appelée L. Cette couche sera compositée avec les
couches RVB du premier avi : sous Iris, il suffit de cliquer
sur le menu déroulant « visualisation» puis sur « trichromie
», de cocher la case luminance en indiquant le nom de l'image
qui servira de luminance (ici : L).

Au moyen des 4 grosses flêches, après avoir réglé le pas
du déplacement, vous pouvez déplacer la couche L jusqu'à ce
qu'elle se superpose parfaitement avec les images R, V et
B du premier avi : vous aurez alors une image finale en couleur
RVB dont les détails seront nettement enrichis par la couche
L. Vous pourrez alors sauvegarder cette image finale sous
le nom de votre choix grâce à la commande : >savebmp
[nom de mon choix]
Ces acrobaties, à première vue séduisantes, nécessitent néanmoins
un peu de savoir-faire : Mars tourne sous vos yeux et les
changements de filtres ainsi que l'acquisition des films avi
doivent se faire sans traîner. En moyenne, vous avez 2 ou
3 mn pour boucler chacun de vos films. Au-delà, la rotation
de Mars sera suffisamment sensible pour que toute superposition
de vos images individuelles devienne impossible, en particulier
si vous employez une forte focale (Barlow x3).
De même, pour que chaque image soit superposable aux précédentes,
il faut veiller à ce que la webcam soit replacée, entre chaque
changement de filtre, rigoureusement dans le même sens sur
votre télescope. L'idéal est de marquer au feutre un repère
sur le télescope et sur votre webcam et de faire coïncider
l'un et l'autre. Dernier détail : le fait de changer de filtre
peut modifier la mise au point de l'image qui doit donc être
systématiquement vérifiée avant de faire une nouvelle acquisition
de film.
Imaginez la gymnastique qu'il faut alors accomplir si l'on
veut se faire la totale : un film avi avec filtre IR-cut +
filtre bleu pour la couche bleue de Mars, puis un avi avec
filtre IR-cut + filtre rouge pour la couche de luminance et
enfin un avi avec juste le filtre IR-cut pour les couches
RVB normales. Il faut une bonne dose de dextérité pour parvenir
à accomplir toutes ces manoeuvres dans le temps imparti par
la rotation de la planète. Quant à la phase de retraitement
numérique, elle reste lourde : traiter la couche rouge et
la couche verte de l'avi « normal », virer la couche bleue
de cet avi, traiter la couche bleue de l'avi acquis avec le
filtre bleu, virer ses couches verte et rouge, traiter la
couche rouge de l'avi acquis avec le filtre rouge pour en
faire la couche de luminance et virer ses 2 autres couches,
recompositer tout cette petite cuisine en mode LRVB. Soyons
clair : si vous débutez dans l'imagerie webcam, il vaut sans
doute mieux vous contenter d'un film couleur normal, sans
autre fioriture !!! Ou bien d'opter pour une solution intermédiaire
: un premier avi couleur «normal», dont l'image résultante
sera compositée avec celle issue d'un avi réalisé avec un
filtre rouge pour avoir une couche de luminance
E) Idées d’acquisition sur Mars
Dans ce dernier paragraphe, je vais essayer de vous donner
quelques idées plus ou moins originales d'acquisition webcam
sur Mars.
Hormis les « continents » martiens, il sera intéressant de
réaliser des images des phénomènes météorologiques qui se
produisent sur la planète (lever de brume, tempête de sable,
...). Les filtres bleus sont particulièrement utiles pour
ce genre de travail.
On pourra également essayer de réaliser une animation de
la rotation de la planète. Le problème pour Mars, c'est qu'elle
tourne sur elle même en 24,6 heures, ce qui est proche de
la vitesse de rotation de la Terre. Ceci implique donc qu'elle
nous présentera d'une nuit à l'autre presque toujours la même
face mais pas tout à fait, puisque la planète rouge se décalera
d'un jour sur l'autre d'environ 9 degrés si vous l'observez
à une heure identique. Prendre alors à la webcam la totalité
de sa surface est un travail de longue haleine, mais qui peut
être intéressant. En plus de cette animation, on peut réaliser
un planisphère de la planète comme celui du début du chapitre.
Les logiciels tel qu'Iris ou Prism font cela
très bien.
Enfin, Mars possède 2 satellites, Phobos et Deimos, respectivement
de magnitude 10 et 11 environ, lors de l'opposition. Ils sont
hélas assez proches de la planète mais peuvent constituer
un bon challenge lors de leur plus longue élongation. Avec
une Vesta Pro, et un télescope Schmidt-Cassegrain de
200 mm, il est possible d'atteindre la magnitude 11/12 environ.
Pour faciliter leur repérage, aidez-vous du logiciel
de simulation des positions des corps du système solaire
proposé par la NASA.
f) Conclusion
J'espère vous avoir donné tous les éléments pour bien réussir
vos images webcam de cette extraordinaire opposition 2003
de la planète Mars.
Voici pour cela en guise de conclusion, mes derniers conseils
: réglez le mieux possible votre instrument (collimation,
mise au point, ...), prenez le temps de faire une bonne mise
au point, attendez les nuits sans trop de turbulence et enfin,
traitez léger. Bonne chance : il en faut toujours un peu !
F) Bibliographie
- Livre / Revue :
* « Utilisation de la webcam en Astronomie » de Christophe
Béthune aux éditions Burillier
* L'Astronomie, numéro de Juin 2002, « Iris mode d'emploi
» de Jean-Christophe Dalouzy
- Internet :
* Christophe Béthune : http://www.astrosurf.com/astrodryat
* Etienne Bonduelle : http://www.astrosurf.com/astrobond
* Christian Buil : http://www.astrosurf.com/buil
* Pierre et Florent Dubreuil : http://perso.wanadoo.fr/florent.dubreuil
* Site martianwatch : http://www.astrosurf.com/martianwatch
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